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Ici commence l’océan #2 : Le jour du dépassement, agir pour le retarder

« Ici commence l’océan » est une suite de plusieurs articles sur l’état actuel de notre planète et des solutions concrètes pour changer nos habitudes.

Le « jour du dépassement ». Vous connaissez certainement ou avez déjà entendu cette formule sans toutefois savoir peut-être ce qu’elle signifie. Aujourd’hui, dans « Ici commence l’océan » second épisode, nous allons décortiquer ce jour fatidique pour comprendre, ensemble, en quoi il constitue un bon indicateur de la situation délétère de la planète et un éveil à l’urgence d’agir pour le retarder.

La conséquence de nos actes

La situation planétaire est catastrophique : dans nos océans, la température de l’eau se réchauffe et les formes de vies s’asphyxient ; sur nos continents, les catastrophes naturelles se multiplient décennies après décennies ; sur nos thermomètres, les saisons n’existent plus (2022 aura été une année record en matière de chaleur partout dans le monde).

Les exemples ne manquent pas et sont unanimes quant à la terrible situation de notre environnement, et ce, par la faute de l’Homme : nos modes de consommation, de déplacement, d’alimentation. Ainsi, le jour du dépassement est une donnée générale qui atteste de la conséquence de nos actes. Un jour qui symbolise la pression que nous exerçons sur notre Terre.

1,75 planète nécessaire pour répondre à notre consommation 2022

Le jour du dépassement, ou « earth overshoot day » comme le nomment les anglophones, est le jour dans l’année où l’humanité a utilisé la totalité des ressources que la planète Terre est capable de générer en un an. Cette année, à l’échelle mondiale, c’était le 28 juillet. En 2022, il nous faudrait donc 1,75 planète pour répondre à nos modes de consommation. Mais, selon l’ADEME (Agence de la transition écologique) et le site internet linfodurable.fr, cette date n’a pas toujours été aussi précoce dans le calendrier.

En 1970, c’était le 29 décembre. Quel décalage en à peine 50 ans ! En 1980, le 4 novembre ; dix ans plus tard, il s’agissait du 11 octobre. Puis le 23 septembre 2000, le 7 août 2010, et enfin le 29 juillet 2019. Avec le confinement lié à la Covid-19, la date a – pour la première fois – reculé pour revenir au 22 août 2020. Mais le confinement passé et la vie revenant à la normale (ou presque), le jour du dépassement était à nouveau au 29 juillet en 2021.

Un phénomène qui prouve deux mécaniques ainsi qu’une bonne et une moins bonne nouvelle. Il est donc finalement simple de faire reculer le jour du dépassement, ne serait-ce qu’en se déplaçant moins. Malheureusement, l’Homme revient vite – en à peine une année – à ses mauvaises habitudes et son manque de considération à l’égard de la planète.

Un mode de calcul basé sur 3 millions de données statistiques

Mais comment est calculé ce jour du dépassement ? Cette donnée est étudiée, annuellement, par l’ONG Global Footprint Network. Selon ladite organisation, le procédé de calcul repose sur la base de trois millions de données statistiques émanant de 200 pays.

La formule mathématique est la suivante : le jour du dépassement = la capacité de production biologique de la planète en hectares globaux / l’empreinte écologique de l’humanité par hectares globaux (soit la consommation annuelle en ressources écologiques) ; le résultat étant ensuite multiplié au nombre de jours d’une année.

Au bout du calcul, une date mondiale, une sorte de « moyenne » planétaire, chaque pays possédant aussi son propre jour du dépassement en regard de son empreinte écologique.

Il est grand temps d’agir

jour du dépassement

En 2022, le jour du dépassement en France était le 5 mai. Nous sommes parmi les mauvais élèves. Que dire aussi du Qatar avec le 10 février, ou encore du Luxembourg avec le 14 février… À l’autre bout du monde, la Jamaïque atteindra son jour du dépassement uniquement le 20 décembre prochain !

Qu’attendons-nous pour agir ? Il est grand temps. Nous savons une chose et 2020 nous l’a prouvé : il n’est pas si difficile de moins ou bien mieux consommer. Ne dit-on pas « quand on veut, on peut ». Serait-il si difficile de lutter contre la déforestation ? Contre la surexploitation agricole ou encore contre la surpêche ? Ne pouvons-nous pas davantage télé travailler et réduire nos déplacements ? Avons-nous besoin de consommer autant de viande ?

Selon le Fonds mondial pour la nature, le WWF, « réduire notre consommation de viande de moitié ferait reculer la date de 17 jours », et « diviser l’empreinte carbone par deux ferait reculer jour du dépassement de 93 jours », entre autres.

Alors, qu’attendons-nous : pour retarder le jour du dépassement, dépassons-nous !

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